✈️ Vivre, travailler et étudier des deux côtés de l’Atlantique

C’est probablement l’une des annonces les plus concrètes du discours de Mark Carney pour les citoyens.

Le premier ministre a proposé de resserrer les liens entre les populations canadienne et européenne afin de permettre aux jeunes de vivre, travailler et étudier là où ils le souhaitent, au Canada ou dans l’Union européenne. Le communiqué officiel publié par Ottawa après la visite de Strasbourg reprend également cet objectif.

La veille, lors de sa rencontre avec la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, les deux dirigeants avaient déjà discuté de la nécessité d’offrir aux citoyens davantage de choix concernant leurs voyages, leurs études, leurs activités commerciales et leur travail des deux côtés de l’Atlantique.

⚠️ Aucun nouveau droit automatique pour le moment

Cette annonce doit toutefois être interprétée avec précision.

Les Canadiens n’ont pas obtenu aujourd’hui le droit automatique de s’installer ou de travailler dans les 27 pays de l’Union européenne.

Carney présente cette mobilité accrue comme un élément du futur partenariat que le Canada et l’UE souhaitent construire. Les modalités concrètes devront donc encore être négociées.

Pour l’instant, un passeport canadien ne devient pas, à lui seul, un permis général permettant de s’installer et de travailler librement partout dans l’Union européenne.

🎓 Le Canada veut rejoindre Erasmus+

Mark Carney a également proposé que le Canada participe à Erasmus+, le grand programme européen consacré notamment à l’éducation, à la formation et aux échanges.

Selon le premier ministre, une participation canadienne pourrait donner aux étudiants européens et canadiens davantage de possibilités d’étudier dans des universités de premier plan et de créer des liens durables entre les deux continents.

Cette proposition pourrait ainsi constituer l’un des premiers éléments concrets d’un rapprochement accru entre les populations canadienne et européenne.

🔬 Une coopération renforcée dans la recherche

Carney souhaite également que le Canada participe à la prochaine génération du programme Horizon.

L’objectif serait de mettre davantage de ressources en commun et d’accroître la coopération entre les universités, les instituts de recherche et les secteurs technologiques canadiens et européens.

🇨🇦🇪🇺 Une alliance qui irait beaucoup plus loin que le CETA

La mobilité des jeunes n’est qu’un volet d’un projet beaucoup plus vaste.

Carney propose une coopération beaucoup plus profonde dans les minéraux critiques, les industries de défense, l’intelligence artificielle, la puissance de calcul, la sécurité énergétique, l’espace et les systèmes de paiement. Il souhaite également progresser vers un commerce numérique plus fluide pour les produits non agricoles et de nombreux services.

Le gouvernement canadien affirme que l’objectif est de construire un partenariat Canada–UE « beaucoup plus approfondi et plus intégré », capable d’accroître la sécurité économique et la souveraineté des deux partenaires.

🇪🇺 Un possible statut de « membre associé »

Cette nouvelle ambition intervient au lendemain d’une proposition encore plus inhabituelle.

Dans son discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé d’aller au-delà du CETA/AECG vers une « Alliance pour l’avenir », ouvrant la possibilité que le Canada devienne le premier « membre associé » de l’Union européenne.

Carney a confirmé devant le Parlement européen que le Canada accueillait favorablement cette ambition.

Mais là encore, aucune adhésion n’a eu lieu : le Canada n’est pas actuellement membre associé de l’Union européenne. Le contenu et les implications d’un éventuel statut devront être définis par les deux parties.

⛏️ Énergie, minéraux critiques et intelligence artificielle au cœur du projet

Le Canada veut utiliser plusieurs de ses principaux atouts économiques pour approfondir son partenariat avec l’Europe.

Ottawa met notamment en avant ses ressources énergétiques, ses minéraux critiques ainsi que ses capacités dans l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, l’espace et le secteur financier.

De son côté, l’Union européenne apporte un marché considérable, des capacités de recherche et une importante base industrielle et manufacturière. Le gouvernement canadien présente ces forces comme complémentaires.

🌎 Carney veut réduire les vulnérabilités du Canada

Dans son discours à Strasbourg, Carney a replacé ce rapprochement dans un contexte géopolitique beaucoup plus large.

Il a évoqué l’utilisation croissante du commerce, des tarifs douaniers, des mécanismes financiers et des chaînes d’approvisionnement comme instruments de pression. Son gouvernement veut donc diversifier davantage les relations économiques du Canada afin de réduire ses vulnérabilités.

Carney ne présente cependant pas cette stratégie comme une recherche d’autosuffisance. Il défend plutôt une forme de résilience collective entre partenaires partageant certains intérêts et valeurs.

🇨🇦 Une proposition qui pourrait changer la vie de certains jeunes Canadiens

Pour les Canadiens, la question sera désormais de savoir jusqu’où Ottawa et Bruxelles sont prêts à aller.

Si les négociations futures aboutissent à des mécanismes concrets de mobilité, certains jeunes Canadiens pourraient éventuellement disposer de nouvelles possibilités pour étudier, acquérir une expérience professionnelle ou vivre temporairement en Europe, tandis que les jeunes Européens pourraient bénéficier d’occasions comparables au Canada.

Mais ce scénario reste à négocier.

Au 17 septembre 2026, la nouvelle importante est donc la suivante : le gouvernement canadien a officiellement inscrit une mobilité accrue des jeunes parmi ses objectifs pour la future relation Canada–Union européenne.

BBJ continuera de suivre les négociations entre Ottawa et Bruxelles, particulièrement les discussions concernant la mobilité des jeunes, Erasmus+, l’Alliance pour l’avenir et le projet de statut de « membre associé » du Canada.

Dossier à suivre.

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