La confrontation commerciale entre le Canada et les États-Unis franchit une nouvelle étape. Ottawa annonce un programme de soutien de 7,5 milliards de dollars canadiens pour les travailleurs et les entreprises touchés par les tarifs américains.

Parallèlement, le gouvernement canadien prépare de nouveaux droits de douane sur des produits américains. La Maison-Blanche accuse le Canada d’avoir choisi les représailles, tandis que le premier ministre Mark Carney cherche à renforcer les relations économiques avec l’Europe.

Un programme d’aide de 7,5 milliards

Le gouvernement fédéral a annoncé de nouvelles mesures totalisant 7,5 milliards de dollars pour soutenir l’économie canadienne.

Le programme comprend notamment :

  • 1,5 milliard pour aider les petites et moyennes entreprises
  • 500 millions en mesures de liquidité
  • 2 milliards pour favoriser la diversification des entreprises
  • 3,5 milliards pour soutenir les travailleurs, la formation professionnelle et le maintien des emplois

Ottawa prévoit également des assouplissements de l’assurance-emploi et des mesures permettant aux entreprises de conserver leurs employés pendant la crise.

Cette aide s’ajoute aux programmes fédéraux déjà instaurés depuis le début des tensions commerciales avec Washington.

Des contre-tarifs dès le 8 septembre

À compter du 8 septembre 2026, le Canada imposera des droits de douane de 15 %, 25 % ou 50 % sur des produits américains représentant environ 27,6 milliards de dollars d’importations.

Ces mesures toucheront notamment l’acier, l’aluminium, les produits laitiers, les électroménagers, les équipements agricoles, les pâtes et papiers, les plastiques et certains appareils électroniques.

Ottawa affirme que cette réponse sera appliquée « dollar pour dollar » et « taux pour taux » afin de correspondre aux nouveaux tarifs américains.

Le gouvernement reconnaît toutefois que les contre-tarifs pourraient également augmenter le prix de certains produits au Canada.

Washington accuse le Canada

La Maison-Blanche affirme que le Canada a choisi « les représailles plutôt que la négociation ».

L’administration Trump reproche notamment à Ottawa ses tarifs sur certains véhicules américains et certaines mesures commerciales qu’elle considère comme discriminatoires.

Selon la Maison-Blanche, les exportations américaines de véhicules vers le Canada auraient diminué de 22 % au cours de la dernière année.

Le gouvernement canadien présente une version différente. Ottawa affirme avoir négocié de bonne foi, mais soutient que les États-Unis demandaient trop de concessions tout en offrant trop peu en échange.

Le Canada estime donc que ses contre-tarifs constituent une réponse aux mesures américaines, et non le déclenchement volontaire du conflit.

Des économies profondément liées

Malgré les tensions, les économies canadienne et américaine demeurent fortement intégrées.

Le Canada fournit aux États-Unis du pétrole, de l’aluminium, de la potasse, de l’uranium, du bois, de l’électricité et des pièces automobiles.

Dans l’industrie automobile, certaines pièces traversent plusieurs fois la frontière avant l’assemblage final d’un véhicule.

Une guerre commerciale prolongée pourrait donc faire augmenter les coûts au Canada, mais aussi aux États-Unis, où plusieurs fabricants dépendent des ressources et des composants canadiens.

Carney renforce les relations avec l’Europe

Pendant que les relations avec Washington se détériorent, Mark Carney accélère le rapprochement du Canada avec l’Union européenne.

Le premier ministre doit se rendre en Europe en septembre et s’adresser au Parlement européen. Il participera également aux activités entourant le discours annuel sur l’état de l’Union européenne.

Carney souhaite présenter le Canada comme un partenaire fiable dans les domaines du commerce, de l’énergie, de la défense et des minéraux essentiels.

Son gouvernement vise aussi à doubler, au cours de la prochaine décennie, les exportations canadiennes destinées aux marchés autres que les États-Unis.

L’Europe peut-elle remplacer les États-Unis?

L’Union européenne représente un marché important pour les entreprises canadiennes, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’aéronautique, de l’intelligence artificielle, des technologies propres, de l’agriculture et de la défense.

Le Canada et l’Union européenne disposent déjà d’un accord commercial : l’Accord économique et commercial global, appelé AECG.

Cependant, l’Europe ne peut pas remplacer rapidement le marché américain. Les coûts de transport sont plus élevés et les entreprises doivent respecter des normes et des réglementations différentes.

La diversification vers l’Europe constitue donc une stratégie à moyen et à long terme.

Une confrontation qui pourrait se prolonger

Pour le moment, aucune reprise importante des négociations entre Ottawa et Washington n’a été annoncée.

Le gouvernement canadien devra protéger les emplois et soutenir les entreprises tout en limitant l’augmentation des prix pour les consommateurs.

Les États-Unis pourraient également subir les conséquences de leurs propres tarifs, puisque plusieurs industries américaines dépendent des ressources canadiennes.

Une rupture économique complète demeure improbable. Les deux pays ont trop d’intérêts communs et leurs économies sont profondément liées.

Cependant, plus le conflit se prolongera, plus les travailleurs, les entreprises et les consommateurs des deux côtés de la frontière risqueront d’en subir les conséquences.

Bat Bravo Pou La JenèsL’information au service de la communauté.