Un avis de recherche officiel
Dans une réquisition datée du 5 septembre 2026 et signée par le commissaire du gouvernement Guy Alexis, le Parquet près le Tribunal de première instance de la Croix-des-Bouquets demande aux responsables de la Direction départementale de l’Ouest II, de la DCPJ et du commissariat de Tabarre de rechercher, d’appréhender et de conduire Esther Thomas devant le Parquet.
Le document fait expressément référence à l’assassinat de la femme communément appelée « Baby Love ».
De son côté, l’avis diffusé par la DCPJ identifie Esther Thomas sous son alias « Nice B » et indique qu’elle est recherchée pour assassinat, tentative d’assassinat et association de malfaiteurs.
La police la décrit également dans cet avis comme « dangereuse et armée ».
Ces accusations sont extrêmement graves. Elles ne constituent toutefois pas une déclaration de culpabilité : Esther Thomas demeure présumée innocente tant qu’elle n’a pas été reconnue coupable par un tribunal compétent.
🎥 Une vidéo particulièrement violente au cœur de l’affaire
Cette évolution judiciaire intervient alors qu’une vidéo extrêmement violente, présentée comme montrant les derniers instants de « Baby Love », circule sur les réseaux sociaux.
Selon plusieurs informations relayées en Haïti, Esther Thomas apparaîtrait dans les images aux côtés d’individus présentés comme étant liés à des groupes armés.
L’enquête devra désormais établir les circonstances exactes du meurtre, authentifier les éléments disponibles et déterminer le rôle éventuel de chacune des personnes apparaissant dans les images.
Des affirmations beaucoup plus précises circulent également sur les réseaux sociaux concernant ce qu’Esther Thomas aurait dit ou fait au cours de l’agression.
Ces éléments doivent, à ce stade, être présentés comme des allégations et non comme des faits judiciairement établis, puisqu’ils n’ont pas tous été confirmés de manière indépendante ni tranchés par un tribunal.
🎙️ John Colem Morvan avait publiquement soulevé l’affaire
Avant que l’affaire ne prenne cette nouvelle dimension judiciaire, John Colem Morvan avait publiquement formulé de graves accusations contre Nice B sur les réseaux sociaux.
Morvan avait notamment diffusé une vidéo qu’il présentait comme un élément de preuve concernant les circonstances entourant la mort de Baby Love.
Ses déclarations avaient suscité de nombreuses réactions et interrogations. Lors d’un direct avec Jeffson Jr Célestin, alias Janmsotba, certains internautes avaient notamment exprimé leur scepticisme quant aux accusations avancées.
Morvan avait ensuite rendu publiques les images sur lesquelles il affirmait fonder ses déclarations.
La situation a depuis considérablement évolué : Esther Thomas fait désormais officiellement l’objet de recherches de la part des autorités haïtiennes dans le cadre de cette affaire.
Il serait toutefois prématuré d’établir un lien direct entre les publications de John Colem Morvan et la décision des autorités d’émettre un avis de recherche.
🕵🏾♂️ Morvan affirme disposer d’un important réseau d’information
Cette affaire relance également les discussions autour du rôle de John Colem Morvan dans la diffusion d’informations sensibles concernant l’insécurité et les groupes armés en Haïti.
Morvan se présente publiquement comme un lanceur d’alerte et affirme disposer d’un important réseau de renseignements et de sources lui permettant d’obtenir des informations sur certains groupes et individus impliqués dans l’insécurité en Haïti.
L’existence et l’étendue exacte de ce réseau ne peuvent toutefois pas être vérifiées de manière indépendante à ce stade.
La rapidité avec laquelle certaines informations et images ont été rendues publiques dans l’affaire Nice B soulève néanmoins une question plus large : dans quelle mesure les renseignements provenant de citoyens, de journalistes, de lanceurs d’alerte ou d’autres sources civiles peuvent-ils contribuer légalement au travail des institutions chargées de lutter contre l’insécurité ?
❓ Quel rôle pour les sources civiles dans les enquêtes ?
Lorsqu’une personne affirme disposer d’informations susceptibles d’aider à identifier des membres de groupes armés, leurs dirigeants ou leurs activités, les autorités judiciaires peuvent chercher à recueillir ces renseignements et à en vérifier l’authenticité.
Mais une enquête criminelle ne peut reposer uniquement sur des déclarations publiques, des publications sur les réseaux sociaux ou des vidéos dont l’origine n’a pas été établie.
La DCPJ et les autorités judiciaires doivent vérifier les sources, authentifier les éléments de preuve, recouper les informations et déterminer leur valeur dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Face à la grave crise sécuritaire que traverse Haïti, l’État doit pouvoir recueillir efficacement les renseignements provenant de la population et de différentes sources civiles, tout en protégeant l’intégrité des enquêtes et les droits des personnes concernées.
🇭🇹 Une affaire désormais entre les mains de la justice
Un élément est désormais officiel : Esther Thomas, alias « Nice B », fait l’objet de recherches de la part des autorités haïtiennes.
Le Parquet de la Croix-des-Bouquets demande son arrestation, tandis que la DCPJ la recherche dans le cadre d’accusations extrêmement graves.
L’enquête devra maintenant déterminer son rôle exact dans la mort de Baby Love, identifier les autres personnes éventuellement impliquées et établir les responsabilités conformément à la loi.
Quant aux informations diffusées par John Colem Morvan, il appartiendra aux enquêteurs d’en déterminer l’origine, l’authenticité et l’éventuelle contribution au dossier judiciaire.
Dans un pays confronté à une crise sécuritaire profonde, cette affaire rappelle l’importance de la circulation rapide des renseignements susceptibles d’aider les autorités. Elle rappelle également une distinction fondamentale : une information ou une accusation diffusée publiquement n’équivaut pas à un fait établi par la justice.
BBJ continuera de suivre l’évolution de cette affaire et les prochaines communications des autorités haïtiennes.
Dossier à suivre.
✍️ James Guilloux
Toronto, Canada
Bat Bravo Pou La Jenès — BBJ

