L’Union des parents d’élèves progressistes haïtiens (UPEPH) tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités à prendre des mesures urgentes afin de créer les conditions nécessaires à une reprise effective des activités scolaires.

L’insécurité continue de perturber les écoles

La situation sécuritaire demeure l’un des principaux obstacles à une rentrée scolaire normale dans plusieurs régions du pays.

Selon des informations communiquées par un représentant de l’UPEPH, plusieurs communes fortement touchées par l’insécurité ne seraient toujours pas en mesure de reprendre pleinement leurs activités scolaires.

Dans le département du Centre, notamment à Hinche, l’organisation fait état de 46 écoles privées, ainsi que de plusieurs écoles nationales, qui seraient affectées par la situation.

La situation serait encore plus préoccupante dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, où l’UPEPH estime qu’environ 1 700 établissements privés sont touchés par la paralysie ou les perturbations des activités.

Dans les zones contrôlées ou fortement affectées par les groupes armés, une question fondamentale demeure : comment assurer le retour des élèves et des enseignants lorsqu’un niveau minimal de sécurité ne peut être garanti ?

Les déplacements de population bouleversent la carte scolaire

La violence ne provoque pas uniquement la fermeture des établissements. Elle contraint également de nombreuses familles à quitter leur domicile.

Des parents ont dû abandonner leur quartier pour trouver refuge dans d’autres communes ou dans des sites d’accueil. Ces déplacements ont directement affecté la fréquentation de plusieurs établissements scolaires.

Certaines écoles accueillent désormais moins d’élèves qu’auparavant, tandis que des familles déplacées doivent trouver de nouveaux établissements pour leurs enfants, souvent dans des conditions économiques particulièrement difficiles.

Pour l’UPEPH, une rentrée véritablement nationale paraît donc difficile sans mesures spécifiques destinées aux élèves, aux parents et aux établissements directement touchés par la crise.

Une rentrée de plus en plus coûteuse pour les familles

À l’insécurité s’ajoute une autre préoccupation majeure : le coût de la rentrée scolaire.

Frais de scolarité, uniformes, chaussures, sacs, cahiers, livres, transport et alimentation représentent une charge considérable pour de nombreuses familles déjà fragilisées par la situation économique.

À Pétion-Ville, des parents interrogés à l’approche de la rentrée disent éprouver des difficultés à acheter les fournitures nécessaires. Certains craignent même que leurs enfants ne puissent pas être présents dès les premiers jours de classe faute de moyens financiers suffisants.

Une aide de 15 000 gourdes, annoncée pour certaines familles, est également considérée comme insuffisante par plusieurs parents, notamment lorsque plusieurs enfants d’un même foyer doivent être préparés pour la rentrée.

L’UPEPH interpelle les autorités

Face à cette situation, l’UPEPH réclame notamment un renforcement de la sécurité autour des établissements scolaires, un accompagnement financier pour les familles les plus vulnérables ainsi qu’un soutien aux écoles directement affectées par la crise.

L’organisation estime qu’une date fixée dans le calendrier scolaire ne suffit pas, à elle seule, à garantir une reprise effective des cours sur l’ensemble du territoire.

Le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) maintient néanmoins la rentrée scolaire au lundi 7 septembre 2026. Selon le calendrier officiel, l’année académique 2026-2027 doit prendre fin le 2 juillet 2027.

Une nouvelle année scolaire sous le signe de l’incertitude

Au-delà de la rentrée du 7 septembre, la situation soulève une question beaucoup plus profonde : celle de la continuité de l’éducation pour des milliers d’enfants haïtiens.

Lorsque l’insécurité contraint des familles à abandonner leur domicile, que des établissements scolaires ne peuvent plus fonctionner normalement et que les parents peinent à assumer les dépenses liées à la scolarité, c’est le droit même à l’éducation qui se retrouve fragilisé.

Pour de nombreuses familles, la rentrée scolaire 2026-2027 ne se résume donc plus à l’achat de cahiers, de livres ou d’uniformes.

Le véritable défi sera de permettre aux enfants de rejoindre leur école, d’y apprendre dans des conditions sécuritaires et de poursuivre leur année scolaire malgré une crise qui continue de bouleverser leur quotidien.

✍️ James Guilloux Bat Bravo Pou La Jenès

Bat Bravo Pou La JenèsL’information au service de la communauté.