Donald Trump a signé, le 27 août 2026, un décret ordonnant aux agences fédérales américaines d’adopter le nom « Lake America » à la place de « Lake Ontario ». La décision est officielle aux États-Unis, mais sa portée demeure limitée : elle ne change ni la frontière, ni les droits du Canada, ni le nom utilisé par Ottawa.

Un lac partagé entre deux pays

Le lac Ontario est une étendue d’eau internationale partagée entre le Canada et les États-Unis. Sa rive nord se trouve en Ontario, tandis que sa rive sud borde l’État de New York. Environ 52 % de sa superficie se trouve du côté canadien.

Les deux pays coopèrent en matière de navigation, d’environnement et de gestion de l’eau. Le fait que le lac soit partagé ne donne toutefois à aucun gouvernement le pouvoir d’imposer seul un nom à l’autre pays.

Ce que prévoit le décret américain

Le décret demande au secrétaire américain à l’Intérieur et au Board on Geographic Names de faire inscrire « Lake America » dans le système fédéral des noms géographiques dans un délai de 30 jours.

Les cartes, contrats, documents et communications des ministères et organismes fédéraux américains devront ensuite employer cette nouvelle appellation. Il s’agit donc d’une décision administrative réelle, et non d’une simple déclaration politique.

À RETENIR30 jours

Le délai accordé au département américain de l’Intérieur pour effectuer la modification dans le système fédéral.

Ce que Donald Trump ne peut pas changer

Le décret ne modifie ni la frontière internationale ni la souveraineté canadienne. Il ne peut pas obliger le gouvernement du Canada, la province de l’Ontario, les municipalités canadiennes, les médias ou les organisations internationales à employer « Lake America ».

Il n’oblige pas non plus l’État de New York à adopter ce nom dans ses propres documents. La gouverneure Kathy Hochul a d’ailleurs déclaré que New York ne l’utiliserait pas.

La même étendue d’eau pourrait donc porter deux appellations administratives : « lac Ontario » au Canada et « Lake America » dans les documents du gouvernement fédéral américain.

Mark Carney rejette le nouveau nom

Le premier ministre canadien Mark Carney a rappelé que le nom Ontario vient du mot wendat « Ontari’io », associé à l’idée d’un lac beau et grand, et qu’il est utilisé depuis plus de 400 ans.

« Pour les Canadiens, nommer la réalité signifie l’appeler lac Ontario — hier, aujourd’hui et pour toujours. »Mark Carney, déclaration traduite de l’anglais

Le Grand Chef Pierre Picard, de la Nation huronne-wendat, a aussi dénoncé la décision, qu’il considère comme une tentative d’effacer une partie de l’histoire autochtone.

Une décision surtout politique et symbolique

Cette décision survient dans un contexte de fortes tensions commerciales entre Ottawa et Washington. Elle rappelle le décret de 2025 par lequel Trump avait imposé « Gulf of America » à la place de « Gulf of Mexico » pour les usages fédéraux américains.

Le changement est donc important sur les cartes et dans les documents de Washington, mais il ne transforme pas le lac Ontario en territoire américain et ne transfère aucun droit canadien aux États-Unis.

Deux noms, une seule réalité géographique

Donald Trump peut changer les mots employés par son administration. Il ne peut pas effacer l’appellation reconnue par le Canada, modifier les traités frontaliers ou imposer son choix au reste du monde.

Pour le Canada, cette étendue d’eau demeure officiellement le lac Ontario. La controverse révèle surtout l’ampleur des tensions entre deux pays profondément liés par leur géographie, leur économie et leur histoire.

James Guilloux — Bat Bravo Pou La JenèsL’information au service de la communauté.