En déplacement à Saint-Zotique, en Montérégie, dans le cadre de la campagne électorale, Christine Fréchette a plaidé pour le maintien du système actuel et défendu le principe du libre choix des parents entre les différentes options offertes dans les réseaux public et privé.
Qu’est-ce que l’école « à trois vitesses » ?
Au Québec, l’expression « école à trois vitesses » désigne généralement la stratification du système scolaire en trois grands parcours : les classes régulières du réseau public, les programmes particuliers ou spécialisés offerts dans certaines écoles publiques et les établissements privés.
Les critiques de ce modèle estiment que cette organisation peut contribuer à une sélection des élèves en fonction de leurs résultats scolaires, de leurs capacités ou encore des ressources financières de leur famille.
Christine Fréchette défend toutefois une approche différente. Selon la cheffe caquiste, les parents doivent conserver la possibilité de choisir le parcours qu’ils jugent le mieux adapté aux besoins de leur enfant, tout en renforçant l’accessibilité aux programmes offerts dans le réseau public.
Une aide financière pour les programmes particuliers
La CAQ souhaite notamment réduire les obstacles financiers auxquels certaines familles peuvent être confrontées lorsqu’elles veulent inscrire leur enfant à un programme particulier dans une école publique.
Christine Fréchette a ainsi évoqué une aide de 300 $ destinée aux parents afin de couvrir une partie des frais liés à certaines activités ou à certains programmes spécialisés.
L’objectif affiché est de permettre à davantage d’enfants d’accéder à ces parcours, y compris ceux provenant de familles disposant de moyens financiers plus limités.
Selon la cheffe caquiste, ce soutien pourrait ainsi « ouvrir bien des portes » aux familles qui hésitent actuellement à inscrire leur enfant à un programme particulier en raison des coûts supplémentaires.
Un changement de ton pour Christine Fréchette
La déclaration de Christine Fréchette retient également l’attention parce qu’elle avait adopté une position plus critique à l’égard du système quelques mois auparavant.
En début d’année, elle avait indiqué qu’une réflexion devait être menée sur le système scolaire à trois vitesses, notamment dans un contexte où les résultats en matière de diplomation demeuraient préoccupants malgré les sommes importantes investies en éducation.
Elle défend désormais davantage le maintien du modèle actuel, tout en proposant certaines mesures visant à améliorer son accessibilité.
Christine Fréchette s’est également montrée réticente à l’idée d’organiser de nouveaux États généraux sur l’éducation, estimant qu’une vaste consultation de ce type ne garantit pas nécessairement des changements concrets.
Des organisations contestent cette vision
La position de la cheffe caquiste est loin de faire consensus dans le milieu de l’éducation.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) considère au contraire que l’école à trois vitesses représente un véritable enjeu en matière d’égalité des chances.
L’organisation syndicale s’appuie notamment sur un rapport de la Direction régionale de santé publique de Montréal faisant état des conséquences que peut avoir la stratification du système scolaire sur les inégalités vécues par les jeunes. La CSQ réclame une réflexion plus approfondie sur la mixité sociale et scolaire.
La Fédération autonome de l’enseignement réclame également des changements importants dans le réseau et propose notamment de revoir la question du financement public des établissements privés.
L’éducation s’impose comme un enjeu électoral majeur
Christine Fréchette multiplie actuellement les engagements concernant les familles et l’éducation.
Sa formation politique a notamment annoncé qu’un gouvernement dirigé par Christine Fréchette investirait 1 000 $ dans un régime enregistré d’épargne-études (REEE) pour chaque enfant né au Québec à compter de l’automne 2027.
La CAQ estime le coût de cette mesure à 218,8 millions de dollars sur quatre ans.
À l’approche des élections québécoises, l’éducation pourrait donc devenir l’un des principaux terrains d’affrontement entre les partis.
D’un côté, Christine Fréchette défend le maintien du choix entre le parcours régulier public, les programmes particuliers et le réseau privé, tout en proposant un soutien financier accru pour faciliter l’accès à certaines options.
De l’autre, plusieurs acteurs du milieu de l’éducation réclament une réforme plus profonde du système afin de réduire les écarts entre les élèves.
Au-delà du débat sur l’existence d’une « école à trois vitesses », une question fondamentale demeure : le système scolaire québécois offre-t-il réellement les mêmes chances de réussite à tous les enfants, indépendamment des ressources financières de leur famille ?
✍️ James Guilloux Bat Bravo Pou La Jenès

