Actuellement fixé à 2,25 %, le taux directeur est maintenu à ce niveau depuis octobre 2025. La décision doit être annoncée mercredi à 9 h 45, heure de l’Est, avant une conférence de presse du gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, et de la première sous-gouverneure, Carolyn Rogers.

Cette décision intervient dans un contexte économique particulièrement délicat. L’escalade des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis fait peser des risques à la fois sur la croissance économique et sur l’évolution de l’inflation.

Une guerre commerciale qui complique la donne

Les tensions entre Ottawa et Washington se sont intensifiées après l’échec des dernières négociations commerciales.

Les nouveaux tarifs américains ainsi que les mesures de représailles annoncées par le gouvernement canadien pourraient avoir des répercussions sur les exportations, les investissements et plusieurs secteurs fortement dépendants du marché américain.

La Banque du Canada se retrouve ainsi devant un véritable dilemme.

Si la guerre commerciale provoque un ralentissement important de l’économie canadienne, une baisse du taux directeur pourrait éventuellement être envisagée afin de soutenir l’activité économique.

À l’inverse, si les droits de douane, la faiblesse du dollar canadien et d’autres facteurs exercent une pression à la hausse sur les prix, la Banque pourrait être contrainte de maintenir son taux plus longtemps — voire de l’augmenter si les pressions inflationnistes devenaient trop importantes.

Les économistes anticipent un maintien à 2,25 %

À l’approche de la décision de mercredi, le consensus parmi les économistes est particulièrement clair.

Selon une enquête de Reuters menée auprès de 35 économistes, tous s’attendent à ce que la Banque du Canada maintienne son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre.

Les analystes estiment que les différents risques auxquels fait face l’économie canadienne se compensent actuellement en partie.

D’un côté, la guerre commerciale menace la croissance et les investissements. De l’autre, l’inflation demeure une préoccupation importante.

La Banque du Canada cherche à maintenir l’inflation autour de sa cible de 2 %, soit le point médian d’une fourchette de contrôle allant de 1 % à 3 %.

La Banque avait déjà indiqué en juillet que l’économie canadienne montrait certains signes d’amélioration, tout en soulignant les importantes incertitudes entourant la politique commerciale américaine et la situation économique internationale.

Quelles conséquences pour les Canadiens ?

La décision de la Banque du Canada ne concerne pas uniquement les banques et les marchés financiers. Elle peut avoir des conséquences concrètes sur les finances de millions de ménages canadiens.

Le taux directeur influence progressivement plusieurs coûts d’emprunt dans l’économie.

Les propriétaires ayant une hypothèque à taux variable, les consommateurs utilisant une marge de crédit, les personnes qui financent l’achat d’un véhicule ainsi que les entreprises qui empruntent pour investir sont particulièrement sensibles à l’évolution des taux.

Si la Banque maintient son taux directeur à 2,25 %, comme le prévoient actuellement les économistes, cela ne signifie toutefois pas que tous les taux hypothécaires resteront automatiquement inchangés.

Les taux hypothécaires fixes sont notamment influencés par le marché obligataire et par d’autres conditions financières.

Pour les emprunteurs à taux variable, en revanche, les décisions de la Banque du Canada demeurent particulièrement importantes.

Une baisse rapide des taux semble peu probable

Pour les Canadiens qui espèrent une importante baisse des taux au cours des prochains mois, les prévisions actuelles invitent à la prudence.

Selon l’enquête Reuters du 28 août, une majorité d’économistes s’attend à une période prolongée de stabilité. Le scénario médian prévoit un taux directeur maintenu à 2,25 % jusqu’au troisième trimestre de 2027, avant une éventuelle remontée vers 2,50 % plus tard en 2027.

Ces prévisions ne sont toutefois pas définitives.

Elles pourraient évoluer rapidement si l’économie canadienne se détériore, si l’inflation repart fortement à la hausse ou si la confrontation commerciale entre Ottawa et Washington prend une nouvelle direction.

Canada–États-Unis : la grande inconnue

Les relations avec Washington représentent désormais l’une des principales sources d’incertitude pour l’économie canadienne.

Le Canada et les États-Unis entretiennent des relations économiques profondément intégrées. Une détérioration durable de leurs échanges commerciaux pourrait peser sur les exportations canadiennes, les investissements des entreprises et l’emploi dans plusieurs secteurs stratégiques.

Parallèlement, les contre-tarifs canadiens, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et une éventuelle faiblesse du dollar canadien pourraient contribuer à augmenter le prix de certains biens importés.

La Banque du Canada doit donc surveiller deux risques simultanément : un ralentissement de l’économie et des pressions persistantes sur les prix.

La décision de mercredi représentera ainsi beaucoup plus que l’annonce d’un simple chiffre.

Elle donnera une indication importante de la manière dont la Banque du Canada évalue les conséquences de cette nouvelle phase des tensions commerciales avec les États-Unis et de la direction qu’elle pourrait donner à sa politique monétaire au cours des prochains mois.

Pour l’instant, le scénario privilégié par les économistes demeure un maintien du taux directeur à 2,25 %.

Mais dans une économie canadienne confrontée aux tensions commerciales avec Washington, aux incertitudes géopolitiques et aux pressions persistantes sur le coût de la vie, la trajectoire des taux d’intérêt pourrait devenir beaucoup plus difficile à prévoir.

✍️ James Guilloux Bat Bravo Pou La Jenès

Bat Bravo Pou La JenèsL’information au service de la communauté.