Dans une série de messages publiés dimanche, Donald Trump s’en est pris directement au Canada, qu’il accuse de profiter économiquement des États-Unis depuis plusieurs décennies.
Sa déclaration la plus spectaculaire concerne l’industrie canadienne :
« Je ne veux pas de voitures canadiennes, je ne veux pas de pièces canadiennes, je ne veux rien de canadien. »
Trump affirme que le Canada fait partie des pays qui ont, selon lui, le plus profité des États-Unis sur le plan commercial. Il assure que cette situation doit désormais prendre fin.
Trump demande aux entreprises canadiennes de venir aux États-Unis
Quelques minutes après sa première déclaration, le président américain est allé encore plus loin.
Il a demandé aux entreprises canadiennes faisant des affaires avec les États-Unis de déplacer leurs activités au sud de la frontière.
Son argument est simple : produire aux États-Unis permettrait à ces entreprises d’éviter les droits de douane imposés aux marchandises importées.
« Lorsque vous revenez, il n’y a pas de tarifs ! », a déclaré Trump.
Cette stratégie correspond à l’un des principaux objectifs économiques de son administration : utiliser les droits de douane pour encourager — voire contraindre — les entreprises étrangères à installer davantage de capacités de production aux États-Unis.
Une pression directe sur l’industrie automobile canadienne
Le secteur automobile est particulièrement exposé.
Donald Trump a déjà annoncé son intention de faire passer de 25 % à 50 %, à compter du 1er janvier 2027, les droits de douane américains sur les véhicules, camions et pièces automobiles provenant du Canada.
Cette menace pourrait avoir des conséquences majeures pour l’Ontario, cœur de l’industrie automobile canadienne.
Toyota et Honda représentent à elles seules plus des trois quarts des automobiles produites au Canada. Selon des analystes interrogés par Reuters, certaines lignes de production canadiennes pourraient être menacées si les tarifs de 50 % entraient effectivement en vigueur.
Cependant, l’industrie automobile demeure profondément intégrée entre les deux pays : de nombreux véhicules assemblés au Canada contiennent des composants américains, et inversement.
Une guerre tarifaire prolongée pourrait donc également entraîner une hausse des coûts pour certains constructeurs et consommateurs américains.
General Motors continue pourtant d’investir au Canada
Un développement survenu au même moment illustre toute la complexité de la situation.
Les travailleurs canadiens de General Motors viennent d’approuver une entente prévoyant notamment la production d’un nouveau camion GMC Sierra à Oshawa, en Ontario.
GM prévoit 144 millions de dollars canadiens pour ajouter cette production à l’usine d’Oshawa et s’est engagée à investir au total plus d’un milliard de dollars canadiens dans ses installations au Canada.
Cela démontre que, malgré la pression exercée par Washington, déplacer rapidement l’ensemble de la production automobile canadienne vers les États-Unis serait loin d’être simple.
Une guerre commerciale qui s’intensifie
Les nouvelles déclarations de Trump interviennent alors que les relations commerciales entre les deux voisins connaissent une détérioration importante.
Après l’échec des négociations, Washington a imposé le 22 août des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes.
Le Canada prépare également des mesures de représailles visant certaines importations américaines.
Cette confrontation commence d’ailleurs à produire des effets sur les marchés : le dollar canadien a reculé après l’annonce des nouveaux tarifs américains, malgré des données montrant que l’économie canadienne avait progressé à un rythme annualisé de 3,3 % au deuxième trimestre.
Trump maintient la pression
Les dernières déclarations montrent surtout que Donald Trump ne semble pas vouloir réduire la pression sur Ottawa.
Quelques jours auparavant, il avait déjà déclaré qu’il était temps de « donner une leçon au Canada », affirmant que les États-Unis pourraient trouver ailleurs la plupart des produits dont ils ont besoin.
Il demande maintenant ouvertement aux entreprises canadiennes dépendantes du marché américain de faire un choix : continuer à produire au Canada et faire face aux tarifs douaniers, ou déplacer leurs activités aux États-Unis afin de les éviter.
Pour Ottawa, l’enjeu dépasse donc désormais une simple négociation sur les droits de douane.
La question est de savoir si cette pression américaine finira par provoquer un déplacement des investissements et des emplois du Canada vers les États-Unis, ou si la stratégie de Washington entraînera plutôt une longue guerre commerciale entre deux économies profondément interdépendantes.
Une chose est certaine : Donald Trump persiste contre le Canada, et la confrontation économique entre les deux voisins est loin d’être terminée.
✍️ James Guilloux Bat Bravo Pou La Jenès

