Selon Reuters, qui cite deux sources proches des préparatifs, Pékin envisage d’associer plusieurs dirigeants du monde des affaires chinois à cette visite.
Une telle délégation constituerait un signal important, Xi Jinping voyageant rarement à l’étranger accompagné d’un nombre important de chefs d’entreprise.
Un signal économique envoyé à Washington
La présence de dirigeants d’entreprises chinoises pourrait permettre à Pékin de mettre l’accent sur les relations commerciales et les investissements entre la Chine et les États-Unis, malgré les profondes divergences qui opposent les deux puissances.
L’identité des dirigeants susceptibles d’accompagner Xi Jinping n’est pas encore connue, selon Reuters. Leur présence pourrait néanmoins offrir aux deux gouvernements l’occasion de présenter des avancées économiques concrètes en marge du sommet.
Le précédent est significatif.
En 2015, Xi Jinping avait effectué une importante visite aux États-Unis accompagné de dirigeants de grandes entreprises chinoises, notamment dans les secteurs de la technologie, de la finance et des entreprises publiques.
Cette visite avait notamment été marquée par une importante commande portant sur 300 avions Boeing, pour une valeur annoncée d’environ 38 milliards de dollars américains.
L’agriculture au cœur des discussions
L’agriculture devrait occuper une place importante dans les négociations entre Washington et Pékin.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué que les deux gouvernements pourraient annoncer des mesures concernant l’agriculture et certaines barrières commerciales non tarifaires à l’occasion de la visite de Xi Jinping.
Washington cherche notamment à améliorer l’accès des produits agricoles américains au marché chinois, un dossier particulièrement important pour plusieurs États agricoles américains.
L’administration Trump ne présente toutefois pas cette rencontre comme la préparation d’un accord commercial global capable de régler l’ensemble des différends entre les deux pays.
L’objectif semble plutôt être de stabiliser et gérer la relation économique sino-américaine, tout en recherchant des avancées dans certains secteurs précis.
Les terres rares, un enjeu stratégique majeur
Au-delà de l’agriculture, un autre dossier devrait occuper une place importante dans les discussions : celui des terres rares.
Ces matières premières sont indispensables à de nombreuses industries stratégiques, notamment l’électronique, l’automobile, les énergies renouvelables, l’aéronautique et certaines technologies militaires.
La Chine occupe une position dominante dans plusieurs étapes de leur production et de leur transformation, ce qui confère à Pékin un levier économique et stratégique considérable.
Selon Reuters, l’une des priorités américaines avant le sommet serait d’obtenir davantage de licences chinoises permettant l’exportation de terres rares vers des entreprises américaines.
Washington et Pékin discuteraient également de catégories de produits susceptibles d’être considérées comme moins sensibles dans leurs échanges commerciaux.
Des tensions toujours importantes
La préparation de cette rencontre ne signifie cependant pas que les tensions entre les États-Unis et la Chine ont disparu.
Washington maintient d’importantes restrictions commerciales et technologiques visant plusieurs secteurs chinois considérés comme stratégiques ou sensibles pour la sécurité nationale américaine.
Pékin cherche, de son côté, à obtenir de nouveaux allègements tarifaires.
Selon Reuters, les deux gouvernements étudieraient notamment des réductions réciproques de droits de douane concernant environ 30 milliards de dollars de produits.
Les attentes entourant le sommet restent donc prudentes.
Des accords sectoriels pourraient être annoncés, mais rien n’indique pour l’instant qu’une rencontre entre Trump et Xi permettrait de régler l’ensemble des différends commerciaux, technologiques et stratégiques qui opposent les deux puissances.
Washington négocie avec Pékin pendant que les tensions avec Ottawa s’intensifient
Pour le Canada, le calendrier est particulièrement intéressant.
Alors que Washington prépare d’importantes discussions économiques avec Pékin, les relations commerciales entre les États-Unis et le Canada traversent parallèlement une période de fortes tensions.
Ottawa prévoit d’imposer à partir du 8 septembre de nouveaux tarifs de représailles sur une série de produits américains après l’échec des dernières négociations avec Washington.
La situation met en évidence la complexité de la politique commerciale américaine : les États-Unis durcissent actuellement leur confrontation commerciale avec leur voisin canadien tout en cherchant parallèlement à stabiliser leur relation économique avec la Chine, leur principal rival stratégique.
Il s’agit toutefois de deux relations commerciales très différentes, avec des enjeux, des volumes d’échanges et des considérations géopolitiques qui ne sont pas directement comparables.
Un sommet à surveiller de près
La rencontre prévue entre Donald Trump et Xi Jinping le 24 septembre à Washington pourrait devenir l’un des rendez-vous diplomatiques et économiques les plus importants du mois.
Agriculture, investissements, barrières commerciales, terres rares, technologies et accès aux marchés figurent parmi les principaux dossiers à surveiller.
La présence éventuelle d’une importante délégation économique chinoise enverrait également un message significatif : malgré leur rivalité stratégique, la Chine et les États-Unis continuent de rechercher des secteurs dans lesquels une coopération économique demeure possible.
Reste à déterminer si cette rencontre débouchera sur des accords concrets ou si elle permettra surtout aux deux puissances de stabiliser temporairement une relation économique marquée par plusieurs années de tensions.
Dans un contexte où Washington multiplie les confrontations commerciales avec plusieurs partenaires, les résultats du sommet Trump–Xi seront observés bien au-delà des États-Unis et de la Chine.
✍️ James Guilloux Bat Bravo Pou La Jenès

